Batè Nafadji (Kankan) : ni assistance, ni justice, les sinistrés de Madina expriment leur déception vis-à-vis de l’Etat.

Après avoir tout perdu suite aux violences ayant entraîné les incendies de leurs habitations et greniers, les victimes du district de Madina attendent toujours les premières aides. En tout cas, neuf jours après le sinistre, ils n’ont ni assistance, ni justice, a-t-on constaté sur place.

Dans cette situation de détresse où plus de 300 personnes dont des femmes et des enfants, n’ont ni abri, ni nourriture. Les victimes se disent être abandonnées. Et ce qui semble attiser la colère dans ce village ruiné par les feux, c’est l’indifférence manifeste des autorités aussi bien locales que nationales.

Tous les témoignages recueillis à Madina Bérétéla fustigent l’attitude des autorités locales de Kankan, en premier lieu le sous-préfet de Bâté Nafadji. Selon les villageois, depuis que le préfet et le sous-préfet les ont quittés le jour des violences, ils n’ont plus remis pied chez eux, à plus forte raison leur apporter de l’aide.

Sory Bérété, Mory Sana Bereté, Lanfia Bérété, Fanta Touré, Bintou Keita et Nagnouma Keita  sont, entre autres, des victimes de ces incendies. Tous estiment avoir trouvé à manger, pendant  une dizaine de 10 jours, grâce à la solidarité des voisins de Madina, Balato et de Manfra. D’où leur grosse déception par rapport aux autorités.

Pour ce qui concerne la justice, c’est le désespoir chez les habitants de Madina. Ils ne croient pas en la transparence de la justice.

Selon Sory Bérété, à ce jour, aucune arrestation d’un quelconque présumé auteur de ces crimes d’incendies n’a été effectuée. « On nous a convoqués trois fois à Kankan mais à l’arrivée rien. Hier (le jeudi 15 décembre, ndrl), nous apprenions que 18 personnes de Salimoussaya étaient à Kankan et qu’ils seraient tous revenus libres », a expliqué le doyen Sory Bérété.

C’est le même pessimisme qu’expriment les autres victimes interrogées, qui pointent du doigt une certaine complaisance des autorités locales, le sous-préfet en l’occurrence. Selon Mory Sana Bereté, qui a perdu près de 30 cases et des greniers de nourriture, tous les actes d’incendie se seraient produits devant le sous-préfet et ses deux gendarmes.

«Nous sommes déçus et désespérés de nos autorités et du président Alpha Condé. Car on ne peut pas comprendre  que ces genres de violences graves s’abattent sur leurs populations et que depuis dix jours, personne ne vient pour au moins nous consoler », a regretté Mory Sana.

Près de dix jours après les violences les ayant opposés à Salimoussaya, les victimes des incendies de Madina, district situé à 25 Km de Batè Nafadji, sont dans la détresse qui semble perdurer. 305 personnes, dont des femmes et des enfants sans nourriture dorment à la belle étoile en cette période de froid. S.O.S donc pour ces populations sinistrées et oubliées des autorités.

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