Du CONOR à la FEGUIFOOT : transition à la nigérienne ou accouchement sans césarienne

Entre la dissolution de la fédération guinéenne de football en mai 2016 et l’arrivée aux commandes d’Antonio Souaré en février 2017, le Comité de Normalisation (CONOR) a abattu, dans le délai imparti, un travail titanesque. Neuf mois auront suffi, comme dans une grossesse, mais différent de celle de Salimata, l’épouse de Fama, héros du roman « Les Soleils des indépendances », pour réussir un accouchement en douceur sans césarienne.

Objet inconnu

« Transition réussie » ou « mission accomplie », pourrait-on écrire à l’endroit de l’équipe transitoire de Mohamed Lamine Nabé, qu’on félicite peu aujourd’hui après la fin du processus. Pourtant, ce n’est pas étonnant, le général Idi Amin l’avait éloquemment dit à Dadis Camara sous la transition de 2009 : « la défaite est orpheline et la victoire a plusieurs parrains ».

En tous les cas, qu’on le dise ou pas, le comité de normalisation peut désormais partir, la tête haute. Mais l’histoire retiendra qu’elle a réussi une transition à la « Salou Djibo », qui a révisé les textes au Niger, organisé les élections générales et finalisé la transition avant de prendre sa retraite, alors qu’on pâtine en Guinée.

C’est au détail près ce qu’a fait l’équipe de Mohamed Nabé avant son départ. Preuve, qu’elle a bien travaillé, 72h après le scrutin, le nouvel élu, Antonio Souaré, a reçu le « soutien personnel » du président de la FIFA, Gianni Infantino et les « vives félicitations » du patron de la CAF, Issa Hayyatou. Comme quoi, ceux-là ont entériné « son » élection. Mieux, Infantino invite le mécène guinéen à Zurich dans les prochains jours. C’est tout dire.

Cependant, bien avant la tenue de cette assemblée extraordinaire et élective du 28 février dernier, ayant conduit au plébiscite d’Antonio Souaré devant son principal challenger, Salifou Camara « Super V », beaucoup d’eau a coulé sous le pont.

Quand la mission CAF/ FIFA procédait à l’installation du Comité de normalisation en mai 2016, par exemple, des détracteurs avaient émis de sérieux griefs. Les uns, par exemple, prédisaient un échec cuisant du CONOR, d’autres, par contre, prêtaient à l’équipe transitoire l’intention de jouer les prolongations pour s’y éterniser. Mais neuf mois après, le CONOR, à force de travailler et de sensibiliser, a déjoué tous les pronostics défavorables.

Conformément à leur lettre de mission, Mohamed Nabé, Tham Camara et autres ont exécuté à la lettre leur feuille de route en un temps court, parfois dans des conditions difficiles, parfois dans un contexte d’incompréhension : gérer les affaires courantes, réviser les statuts et organiser les élections générales à la date du 28 février 2017. Ce qu’ils ont fait.

Qui peut mieux dire que le malien Amadou Diakité, membre du comité exécutif de la CAF, quand il avait pris la parole en octobre dernier dans la salle du palais du peuple, en marge de la cérémonie d’adoption des « nouveaux statuts » du football guinéen ?

En sept mois, disait-il, le comité de normalisation a accompli « un travail énorme dans le délai imparti ». « Au nom du président de la CAF, M. Issa Hayyatou, je les félicite ».

Dans la foulée, le patron du CONOR, Mohamed Nabé, avait également dressé un bilan élogieux de son équipe à la veille des élections générales.

« Après notre installation, nous avons aussitôt relancé le championnat qui était à l’arrêt. Ensuite, nous avons géré les affaires courantes. Résultats, nos équipes U17 et U20 sont qualifiées aux CAN de leur catégorie. Aussi, nous avons recruté un sélectionneur national, formé les arbitres et les entraineurs et représenté la Guinée lors des réunions importantes de la CAF et de la FIFA ».

Comme on le voit, le CONOR a fait le plus dur mais le plus difficile reste à venir. Après avoir posé les piliers de base, il reviendra à la nouvelle équipe dirigeante, de réconcilier la famille du football guinéen, de pérenniser les acquis pour hisser le drapeau guinéen sur le toit de l’Afrique.

Pour y parvenir, le malien, Amadou Diakité, membre du comité exécutif de la CAF, a lancé comme ce qui ressemble à une prophétie. « Respectez les statuts que vous êtes vous-mêmes donnés. C’est le plus important. Délégués comme dirigeants, il ne faut pas faire entorse aux statuts, c’est la source de tous les problèmes. Aujourd’hui, la FIFA prône la transparence, la bonne gouvernance et la démocratie », a-t-il prévenu.

Son message tombera-t-il dans des bonnes oreilles ?

Les prochains mois nous l’édifieront davantage.

 

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