Justice : Les travaux des audiences spéciales de N’zérékoré se poursuivent (Procureur)

Les travaux de la session foraine de N’zérékoré entamée le jeudi 23 mars 2017 dans la salle d’audience du tribunal de première instance (TPI), se poursuivent. Selon le procureur général près la cour d’appel de Kankan, une vingtaine de dossiers seront examinés au cours de ces audiences. Il s’agit, dit-il, des dossiers en appel dont les personnes concernées ont du mal à se déplacer vers Kankan, faute de moyens.Unknown Object« Nous sommes venus à N’zérékoré pour organiser ces audiences foraines simplement parce que nous nous sommes aperçus qu’il y a beaucoup de dossier qui viennent en appel au niveau de la cour d’appel de Kankan et après la cour a des problèmes pour pouvoir appeler des personnes qui sont intéressées dans ces dossiers. C’est souvent des indigents, des personnes qui n’ont pas assez de moyens qui relèvent appel de certaines décisions et qui, par manque de moyens ne peuvent venir à Kankan pour suivre leurs dossiers », a confié à Guinéenews© William Fernandez, procureur général de la cour d’appel de Kankan.

Poursuivant, il dira que ces audiences visent en d’autres termes à aider les personnes qui n’ont pas de moyens pour pouvoir suivre leurs dossiers à la cour Kankan. « Aider par des partenaires techniques dont l’Union Européenne, nous avons eu un peu de moyens et nous sommes ici pour une quinzaine de jours au cours desquels nous allons avoir à examiner un certain nombre de dossiers. Nous avons commencé lundi et nous allons poursuivre jusqu’au 12 avril. Je ne pourrai pas vous citer ici tous les dossiers que nous allons examiner. Tout ce que je peux vous dire est que nous sommes là pour connaitre certains dossiers en appel qui nous viennent de toutes les juridictions relevant de la Guinée Forestière », ajoute-t-il.

William Fernandez s’est également prononcé sur les vindictes populaires qui sont devenus monnaie courante dans la région de N’zérékoré. « Il y a un sujet qui me préoccupe aujourd’hui, ce sont les vindictes populaires qui se passent maintenant partout en Guinée et plus particulièrement dans la juridiction de la cour d’appel de Kankan. Quand on prend la Forêt par exemple, quand il y a une infraction, les services de sécurité se mobilisent, font leur travail et arrêtent les gens. Les populations viennent demander aux services de sécurité de leur donner la personne arrêter pour la brûler. Où allons-nous ? Nous sommes dans quelle société aujourd’hui ? Les citoyens peuvent-ils s’arroger le droit de se rendre justice dans une société où il y a des structures, des institutions qui sont désignées comme étant les seules habilitées à rendre justice ? Dans la constitution guinéenne, il est clairement dit que la justice est rendue par les cours et tribunaux. Tout le monde doit connaitre ça. Souvent ceux qui viennent même pour lapider, tuer, brûler, saccager ne sont pas concernés, ce sont des loubars. C’est ce qui s’est passé à Sangardo (Kissidougou) et tout récemment à Yomou »,déplore le procureur général de la cour d’appel de Kankan.

Et de conclure : « Nous appliquons bien la loi. Mais pour appliquer la loi en toute sérénité, il faut bien que la population que nous sommes appelés à juger soit consciente que quelque soient les problèmes, c’est à la justice seule qu’il appartient d’appliquer la loi. On dit toujours qu’on ne fait pas confiance à la justice mais vous-même vous voyez que la justice est en train de travailler. Nous venons de loin et de très loin. Il n’y a pas seulement qu’à la justice où il y a des problèmes, les problèmes en Guinée sont au niveau de tous les services. Quand vous allez à l’hôpital, il y a des problèmes pires qu’à la justice. Mais il faut que la population apprenne qu’il y a une discipline, des comportements citoyens que tout le monde doit adopter face à certaines situations. »

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