Milices, cache d’armes, grenade, chiens de guerre et sorcellerie, la Guinée menacée par un député ?

Dans un courrier adressé au ministre de la justice, Me Cheick Sako, et dont Guinéenews détient une copie, le député du principal parti d’opposition Guinéenne, Ousmane Gaoual Diallo, se dit prêt à répondre à la convocation de la justice, si celle-ci le souhaite, où elle veut, quand elle veut. Cela fait suite aux accusations qui pèseraient sur lui : « atteinte à la sûreté publique, importation d’armes et entretien de miliciens ».

« Je n’ai donc aucune intention de me soustraire à la justice, si elle le souhaite. Mais il faut éviter de mettre à mes trousses des assassins. Le juge qui souhaite m’entendre doit seulement déposer une convocation à mon domicile à Dabondy École. Et je viendrai illico à l’heure indiquée », a prévenu le trublion député dans son courrier.

Contacté, un responsable du gouvernement a dit qu’il n’est pas au courant et que c’est sa première nouvelle.

Mais de quoi s’agit-il au juste ? Selon certaines indiscrétions, il serait reproché au député de Gaoual deux faits : découverte présumée d’une cache d’armes à N’zérékoré ou à Gueckédou, dont il serait l’importateur d’une part. Entretien d’une horde de miliciens, de mercenaires, de chiens de guerre et de sorciers, d’autre part.

Ancien pratiquant des arts martiaux, on prêterait également au député de l’opposition le don de malmener trois célèbres acteurs de cinéma réunis, Van dame, Jet Li et Bruce Lee.

Pour l’heure, l’information n’est pas d’abord confirmée par les autorités mais l’accusation donne froid dans le dos. Pour ses admirateurs, il s’agit d’une simple blague ou de l’intox. Mais pour son cercle d’amis, c’est une info à prendre au sérieux. Et plus les jours passent, plus l’accusation prend forme et devient de plus en plus précise.

En octobre 2017, l’État a soupçonné l’activiste de la société civile, Abdourahmane Sanoh, de pactiser avec le milliardaire israélien, Benny Steinmetz, pour déstabiliser la Guinée. Cette première accusation n’ayant pas prospéré, le pouvoir a également indexé, en novembre 2017, le leader syndical, Aboubacar Soumah, d’être un « rebelle », qui mène une grève « sauvage », en connivences avec l’opposition. Cette grève une fois réglée, Ousmane Gaoual Diallo, serait aujourd’hui dans le viseur des autorités.

Ne se reprochant de rien, mais d’absolument rien, selon ses propres termes, l’homme se dit serein et souhaite la même chose à la justice. « Après deux arrestations antérieures, les juges savent désormais que je peux librement répondre à la justice sans aucune intention de me soustraire à ma responsabilité », a-t-il rappelé.

C’est pour dire, a-t-il encore insisté dans son courrier adressé à la justice, qu’il n’est pas nécessaire de mettre les gendarmes ou les policiers à mes trousses afin d’éviter que certains ne profitent pour me tuer ou maquiller cette mort en bavure ou en légitime défense. Ne dit-on pas, à dessein, qu’il serait un expert dans le maniement des armes ?

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