Paris : Alpha Condé met la maturité de l’Afrique à l‘épreuve

Les propos du président en exercice de l’UA à Paris est une vieille rengaine réchauffée.  On n’a pas envie de parler de l’innéisme, mais le refrain est connu. Les devanciers et précurseurs des indépendances abreuvés des idées communistes, ont toujours défendu la maturité de l’Afrique à se prendre en charge.

Mais plus d’un demi-siècle après, alors que l’Afrique commence à avoir des rides, alors que toutes ses immenses ressources minières, agricoles, forestières et maritimes sont exploitées, pillées et saccagées, des milliers de jeunes Africains fuient la terre de leurs ancêtres comme s’ils avaient le diable au corps, au point d’aller se jeter à l’eau, en Méditerranée. Et le continent reste toujours sous perfusion de l’extérieur, la seule illusion est que le « perfuseur » a changé de continent.

L’aide au développement de l’Europe avec ses exigences démocratiques et bonne gouvernance, les Africains sont devenus majeurs et ils s’assoient dessus, ils n’aiment plus qu’on le rapetisse et les infantilise devant les nouvelles générations.

Dans les contrées encore ‘’sauvages’’ comme au Soudan et en RDC où on parle carrément de génocide,  peut-on dire que le continent est majeur quand l’UA n’arrive pas à proposer une solution de paix ? Il faut se rappeler qu’une pléiade d’historiens avait produit un livre à l’intention de l’ex-président français avec intention de lui remonter haut les bretelles au sujet de « l’homme africain qui n’est pas assez entré dans l’histoire et de la période d’or qui n’a pas existé ». Ce livre à peine paru que l’histoire a donné raison à Sarkozy : au Sénégal, la légende dit qu’il y a eu un ministre de la terre et du ciel du népotisme et de la mal gouvernance sans compter des micmacs au sujet de la constitution. Au Mali, il y a eu « Air-cocaïne et l’avion de luxe présidentiel acheté à un prix qui reste inconnu, des fonds de cotisation à l’ONU détournés,  coup d’Etat militaire et contre coup d’Etat en pleine attaque des djihadistes pour favoriser la scission du pays… Rien que ces deux exemples suffisent  pour donner raison à Sarkozy. Et quand on remarque que les plus grands contingents de migrants sont sénégalais et maliens, on ne peut pas dire que les dirigeants africains sont entrés dans l’histoire. Ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à prouver le contraire.

Parmi les mécontents, il y a un certain Alpha Condé, président en exercice de l’UA. Il veut tirer tout seul la locomotive de la léthargie. C’est en son temps que l’UA a pris l’initiative de s’affranchir de la tutelle occidentale et de s’autofinancer en prélevant 2% des exportations des pays en déficits budgétaires chroniques. Voilà une gageure sans nom et on met au défi un quelconque service de donner le chiffre exact des exportations de chaque pays. Ce quota de 2% est non seulement aléatoire, mais il peut être sujet à des réticences et frictions dans le paiement.

Si les paiements de cotisations classiques pour le fonctionnement de la défense commune, de la Cour de justice, du parlement africain et autres pourront être résorbés par ces fameux 2% sur les exportations, il reste que l’ONU et d’autres organisations internationales attendent, sans compter que la multiplication des épreuves sportives pour l’orgueil est en pleine  croissance. Comment entretenir tout cela. On entend que le Congo Brazzaville vient de renoncer à l’organisation d’une compétition de basket par manque de moyen.

Couper le cordon ombilical avec l’Occident pour éviter des injonctions est une bonne initiative pleine de responsabilité, mais pas pour que chaque chef d’Etat puisse avoir les coudées franches pour n’en faire qu’à sa tête dans son pays.

 Si tel est le cas, il ne reste plus qu’à le concrétiser en organisant les élections communales et communautaires à la date fixée dans son propre pays pour éviter que l’opposition ne sorte faire du bruit dans la rue, auquel cas, on n’empêchera personne de dire que l’Africain n’est pas assez entré dans l’histoire.

En tant que président en exercice de l’Union Africaine, a-t-il besoin d’un aiguillonnement de Kagame et d’Idriss Deby ? Peut-être que si ?

En mettant la maturité de l’Afrique à l’épreuve, il doit se mettre devant la scène. Bonne chance!

Moïse Sidibé

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