Présidentielle française : En tête, Emmanuel Macron peut-il dormir sur les deux oreilles ?

Une chose est certaine, la Gauche et la Droite marquent le pas. Ce fait est sans précèdent dans les élections depuis l’avènement de la Rose au pouvoir en France, en 1980. Les partis de gouvernement, comme les appellent certains, l’UM-PS, comme disait Marine Le Pen, ont fait fiasco plat collectif. Après des déchirements internes qui ont fait tout voler en éclats, les militants démobilisés se sont mobilisés derrière des affinités de personnes plutôt que derrière l’éthique de la gouvernance et derrière des programmes réalistes et réalisables. La France est plus que jamais à la croisée des chemins. Elle doit choisir dans un mois sa route.

Des leçons de cette présidentielle : A gauche, François Hollande a été forcé de ne pas se présenter sous prétexte que le PS risquerait de se déchirer. Manuel Valls, « l’auto présumé » mieux placé pour gagner la présidentielle perdit même à la primaire parmi une foule de candidats, qui ne se seraient pas présentés contre François Hollande, on peut le supposer. La défaite du vainqueur de Manuel Valls a été une catastrophe, et c’est peu dire, puisque Benoît Hamon n’est arrivée que juste avant la voiture-balai, c’est-à-dire juste au-dessus de la barre des 5% pour sauver la mise. On se demande ce qui reste encore intact du PS. Le recollage des morceaux va prendre du temps.

A droite, idem, la guerre de rivalité entre Juppé et Sarkozy a profité à François Fillon, considéré comme le moindre mal, seulement, « le moindre mal » cachait des casseroles. En d’autres circonstances, dans l’unité, le parti des Républicains aurait tablé pour demander à Fillon de céder en faveur du second, c’est-à-dire Alain Juppé, mais Sarkozy allergique à ce dernier, avait encouragé Fillon à tenir bon, tout en sachant que ce Fillon n’ira nulle part, à part vers sa perte définitive. Ainsi, Fillon fini, Juppé « scratché » par l’âge, il ne reste aucun obstacle devant Nicolas Sarkozy pour les prochaines échéances, un boulevard lui est ouvert. Bien joué, monsieur Sarkozy, mais le recollage du pot cassé ne sera pas facile.

Il va falloir jouer franc-jeu prochainement à gauche comme à droite.

Le vif du sujet reste ce face à face entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Le jeu semble inégal. Tous les tocards et outsiders distancés ont demandé de voter Macron pour barrer la route à Marine. Si les militants socialistes, qui ont des idéaux diamétralement opposés à ceux du FN, sont supposés suivre la consigne ou s’abstenir, il est à remarquer cependant que les Républicains comme les Socialistes ne sont pas tous foncièrement contre certaines idées du FN. On se rappelle que la question du mariage pour tous a été un sujet clivant au sein de l’UMP, à l’époque, et que le burkini et la déchéance de nationalité sont des sujets qui ont volé tantôt par-ci, tantôt par-là, mais au FN, ils sont sans équivoque dans la proscription constante. Jean-Marie Le Pen disait que « Les Français préfèrent l’originale à la copie ». Sa fille ne va pas tarder de revenir sur le slogan qu’on n’a plus entendu clamer.

Maintenant que les candidats d’affinités de nombreux électeurs sont out, la question va se recentrer autour de l’intérêt de la France et la sécurité des Français sera en jeu, un sujet sensible. La question fondamentale se basera sur la sécurité des frontières, ce qui concerne forcément le maintien ou non de la France dans l’Europe.

Et sur le sujet, Emmanuel Macron n’a qu’à se tenir ferme, car le prédilection de Marine Le Pen est justement celui-là. Sa rhétorique sur les mesures à prendre pour rassurer les Français est bien huilée et rodée.

En dépit de l’appel à une coalition générale contre la Marine, il est à parié que la parade n’est que de façade, mais dans aucun des deux états-majors, l’on n’ose dormir sur les deux oreilles. L’inquiétude sera plus grande dans le camp Macron, à moins qu’il a obtenu l’assurance des Russes et Américains de ne pas s’immiscer dans les élections, chose dont leur envie n’est pas cachée. L’Europe n’est pas leur « tasse de thé ». L’inquiétude du camp Macron viendra de là.

La France va-t-elle basculer dans l’extrême-Droite ? L

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